dimanche 14 août 2011

Prospection rennes - du 8 au 14 aout

Voila enfin l'occasion de découvrir les montagnes de Courbet Ouest. Pour ce faire, nous rejoignons les res'nat, qui marchent beaucoup et comptent tout le temps. Après les avoir accompagnés pour le comptage des canards d'Eaton, c'est maintenant au tour des rennes.

Une nuit à Jacky nous a permis d'arriver dans la matinée à la cabane Studer. Studer, c'est le pays des truites, on est en terrain conquis en arrivant la bas.



Le grand lac qui jouxte la cabane (lac supérieur) est une grande retenue d'eau naturelle, coincée entre 2 barres rocheuses et souvent mouvementée par des vagues dues au vent. Le val Studer est réputé pour son effet Venturi. Le déversoir du lac se situe côté ouest, vers une série de lacs puis la riviere studer qui s'écoule vers Port Elisabeth. Mais la topographie particulière du lac fait que lorsque les niveaux d'eaux sont importants, le lac se déverse aussi côté Est, dans la rivière du Sud.

Après avoir profité du val durant toute l’après-midi sous une météo capricieuse, nous attaquons les prospections dès le lendemain matin en direction de la cabane de rivière du nord.
Les paysages ont été magnifiques toutes la journée, la neige ne rendant que plus impressionnants ces vastes espaces montagnards.



Nous avons frôlé le lac Margot puis descendu la rivière du nord jusqu’à son embouchure dans la baie des cascades. La neige et le gel rendent parfois le terrain difficile, j'en ai fait les frais quelques centaines de mètres avant d'arriver à la cabane en tombant jusqu'à la taille dans une souille recouverte de glace et de neige.

Le 11, nous partons pour prospecter le cirque Mosoley jusqu'à la baie des cascades en longeant le plateau du Méjean. Après le vent et la neige des jours précédents, nous avons droit a un superbe ciel bleu et un gros soleil. Ça fais du bien !



Le 12, nous prenons la direction de Cataracte via une boucle dans le cirque de Cataracte sous une météo similaire à la veille. Ce transit marque la fin des montagnes et c'est l'immensité, maintenant bien connue, de Courbet Ouest qui s'étend face à nous.

Des rennes, puisque c'est tout même l'objet de l'étude, furent observés chaque jour, plus ou moins nombreux. Durant l'hiver, on les retrouve plus souvent dans la plaine de l'ouest, ils quittent alors les conditions climatiques plus rudes des montagnes où ils vivent habituellement.
Plusieurs petits groupes étaient présent autour de Cataracte, certain même perchés tout en haut de la citadelle que je ne présente plus.



Une tempête annoncée pour le 13 nous fait reporté le retour sur PAF au 14. Évidemment, ce genre d'imprévu très plaisant est l'occasion pour nous de visiter le coin et tenter de pêcher quelques truites, en vain.

Une journée sur base et nous repartons pour Rat via Morne.

à bientôt,
Tom

vendredi 5 août 2011

Suzanne - du 3 au 5 aout

Nous voila de retour à la Pointe Suzanne où comme partout l'hiver bat son plein.

Otarie femelle


Pourtant, les oiseaux préparent déjà activement la saison de reproduction. Les plumages des cormorans sont magnifiques, colorés, décorés jusqu'au moindre détails. Les parades amoureuses sont nombreuses :
- danse nuptiale ; Soit un des 2 partenaires marche le torse bonbé en décrivant un demi cercle autour de l'autre qui se contente alors de l'admirer, soit la danse se fait en duo avec mouvements coordonnées du cou et de la tête,
- offrande ; souvent de belles algues rouges pour construire le nid, et souvent la même algue, alors qu'il existe plusieurs espèces d'algues rouges,
- câlins et papouilles ; il parait fortement agréable de se faire grattouiller la tête par son partenaire.

Cormoran de Kerguelen en plumage nuptial


C'est aussi à cette période que les couples défendent leur nid, ce qui donne l'occasion de voir quelques bagarres. Ayant testé le coup de bec sur nos mains, j'imagine qu'ils s'affligent de bonnes blessures parfois.
Tout ca fini évident toujours de la même manière, aussi longs et beaux que soit les préliminaires, le but n'est que de copuler. Au sein de la colonie, la plupart des couples sont déjà formés et la plupart des nids sont occupés.

La pointe Suzanne (coté Est)...


Les colonies se succèdent entre la pointe Suzanne et le cap Milon. Chaque colonie peut être composée de plusieurs centaines de nids. Et pourtant, lorsqu'un cormoran se pose, c'est très exactement sur son nid, qu'y soit présent son partenaire ou non. L'atterrissage n'est pas toujours des plus classes, mais l'objectif toujours atteint.

... et l'une de ses colonie, vu de plus près



Mission de ce jour (et de bien d'autres) : contrôler les oiseaux bagués.
Trouvez-vous la Darvik jaune ?

Les otaries sont encore peu nombreuses, il s'agit surtout de gros mâle qui paraissent vraiment très gras. Ils doivent attendre la saison de reproduction impatiemment (décembre).

A bientôt,
Tom

jeudi 4 août 2011

Molloy - du 29 juillet au 3 aout

A Molloy, la météo fut (enfin) hivernale. Pas mal de neige, parfois du vent réduisant la visibilité à quelque centaines de mètres et renforçant quelques peu la sensation de froid.



Derrière la cabane de Molloy, les montagnes sont des déserts minéraux, rien à perte de vue mais vallonnée. Il n'y a quasiment pas de vie. L'impression de "rien" s'accentue lorsque le sol, gelé, est recouvert d'une épaisse couche de neige pouvant dépasser la hauteur du genou. On avance difficilement dans des étendues de gros cailloux enneigés, on en chie mais on aime ca.



Puis la température s'adoucit dans la soirée, il pleut la nuit et nous sommes rentrés à PAF sous le soleil. La neige avait totalement disparu.

Prochaine sortie à Suzanne pour le contrôle des bagues de Cormorans. Il reneige depuis hier, le transit se fera dans un paysage monochrome. Blanc.

A bientôt,
Tom

lundi 25 juillet 2011

Tour Courbet - du 7 au 25 juillet

Après l'intermède festif de la midwinter, nous voila enfin de retour au grand air pour suivre cette boucle désormais classique qui fait tout le tour de la péninsule Courbet dans le sens des aiguilles d'une montre (en longeant les montagnes, puis la mer).
Quoi de mieux que quelques images...


Un espèce de cirque sans nom se situant au nord du mont Courbet et dans lequel la rivière des cataractes prend sa source. Vue depuis pas loin de la citadelle.

Face nord de la citadelle dans son désert rocailleux

En période froide, les rennes qui fréquente d'habitudes les zones montagneuse descendent plus volontiers dans les terres du nord

Vue sur la face Est du plateau du Méjean

Radeau de Manchots

Coucher de soleil sur l'embouchure de la rivière des cataractes


Arrivée à la colonie de Ratmanoff


Les petits manchots grandissent...

...toujours sous l'étroite surveillance des Cracous


La colonie vue depuis le toit le la cabane

Photographe dominant


Un manchot maladroit est resté trop longtemps empêtré dans une algue : la sélection naturelle est à l'œuvre !

Ce soir, filets de truite

Goéland dominicain

Un Skua bizarrement bicolore

Vol de Canards d'Eaton

Nouvelle mode : porter une couche de givre sur le dos

Un Léopard des mer. Pas bien vigoureux, mais c'est mon premier !
On en a vu un second (plus vif) un peu plus tard


A bientôt,
Tom

mercredi 15 juin 2011

Pointes Morne & Suzanne - du 4 au 15 juin

On retourne sur les sites de Suzanne et morne début juin avec au programme le contrôle des bagues de cormoran. Ces sessions de juin riment enfin avec météo pas bien. Les averses de neige se succèdent, le froid est bien la, mais même si les températures ne sont jamais extrêmes (-5°C mini), le ressenti est bien plus bas à cause du vent. Les animaux sont rares, en mammifère, on ne retrouve que quelques éléphants qui s'entassent sur les matelas d'algues à la pointe morne, préférant même se monter les uns sur les autres plutôt que de dormir sur les cailloux. De très rare otaries à Suzanne. Toujours pas vu de léopard de mer qui se font désirer.

Tas d'éléphants...


Niveau piaf, les goélands sont fidèles au poste, les cracous toujours présents, les canards rassemblés par milliers dans le désert de Morne, les sternes toujours en recherche de nourriture sur le bord de l'eau et enfin les cormorans viennent au reposoir chaque soir. Pas encore véritablement des piafs puisque pleins de duvet, les poussins d'Albatros hurleur attendent patiemment leurs parents, sagement, au centre de leur nid qu'ils ne quittent jamais. Ils affrontent sans problème le vent, la pluie, la neige, le froid et le temps qui passe. On peut aussi observer quelques chionis en vadrouille.

Chionis en vadrouille

Au final, c'est la saison calme, parfois le temps semble arrêté, rien ne vole, rien ne crie, rien ne se passe et la seconde d'après on peut voir des dizaines de cracous planant au dessus de la plaine en poussant leurs cris préhistoriques, quelques très rares albatros revenant retrouver leur rejeton après un long voyage en mer pour chercher de quoi le nourrir, des dizaines de cormorans, en flux quasi incessant, qui rentrent au reposoir quelques heures avant que la lumière ne décline.

Reposoir à Cormoran de Ker à Pointe Suzanne

La neige, qui a du mal à s'accumuler à cause du vent, recouvre de blanc presque tout, qu'il s'agisse de la plaine de cotula de Suzanne ou celle d'aceana de Morne. Les papous de Suzanne font dans un premier temps pitié à voir, couché dans la neige et couvert par une congère. Ils donnent l'air d'être frigorifié. Mais en réalité, ils s'en foutent complètement ! Ils pourraient se mettre à l'abri pour dormir, mais non, en plein vent avec de la neige plein la gueule, c'est tellement mieux. Ils ont de sacrés gore-tex de plumes.

Pointe Morne...

... et pointe (un peu moins) Morne sous la neige

Les Papou se prélassant comme sur du sable chaud

On retourne faire cette manip "lecture de bagues" en Aout, les endroits auront encore changés.

Coucher de soleil sur les Monts de Château et le lac gelé

à bientôt,
Tom

lundi 30 mai 2011

Ratmanoff - du 16 au 30 mai

Les globicépahles échoués (au moins 3) auraient été observés au Cap Sandwich (entre Ratmanoff et Marville). C'est de part et d'autres de ce cap qu'un échouage massif de globicéphales a eu lieu il y a un an et demi. Les cadavres en décomposition sont encore nombreux sur la plage, la décomposition est lente à Kerguelen, nous craignons que d'anciens cadavres aient été pris pour des nouveaux. Faute d'en être certains, nous partons le 15.

Cela nous laisse juste le temps de faire une lessive, rassembler le matériel nécessaire adapté à la dissection de grosses bêtes en état de putréfaction probable et régler les formalités administratives kergueleniennes.

Pour chaque Manip, une feuille de manip doit être complétée (lieu, durée, participants, travail a faire), signée par le responsable IPEV (Xavi, gener), Le médecin (JB), le chef sécu (Eric, dit pimpon) et l'adjoint du Disker (José, le chef Infra). Enfin, la feuille est validée par Marc, le Disker, qui y appose sa signature et son tampon. Un exemplaire est conservé par l'IPEV, un pour le BCR (Bureau des Communications Radio) et un pour les cuisines pour que Jean et Nicol, respectivement le cuistot et son second, sachent combien de gens mangent sur base.

Nous partons le matin du 15, Kéké et moi, en compagnie des reznat', David et Olivier, en direction de la cabane du Guetteur, à Ratmanoff, 25 km apres PAF. Encore une fois, la météo fut clémente malgré la prévision de mauvais temps. La météo n'est pas une science exacte, surtout pas a Kerguelen.

C'est le lendemain, le 16, que nous partons, équipés comme il se doit, à la recherche des cadavres avec l'appréhension de ne trouver que d'anciennes dépouilles desséchées du précédent échouage.

Depuis notre dernier passage sur cette plage (1er avril), le sable noir a été balayé sur une bonne hauteur par les marées et les vents laissent apparaitre certaines carcasses de globicéphales encore inconnues. Nos craintes furent avérées à la découverte de vieilles dépouilles parfaitement conservés dans le sable et le froid. Tellement bien conservés, que remis en contact avec l'eau de mer, les cracous et les goélands pouvaient se nourrir de la graisse et du lard réhydraté. Du globicéphales lyophilisés en quelques sortes. Inutile donc de faire des prélèvement.


Nous enchainons donc sur le suivi de la survie des poussins de manchots royaux. La manip consiste à retrouver les quelques poussins marqués parmi les milliers de la colonie. Ce qui parait impossible dit comme ça reste relativement faisable du fait que les poussins ne se déplacent que très peu. On les retrouve donc, à quelques dizaines de mètres près, à l'endroit où on les a marqués le mois précédent. Une bonne proportion des poussins marqués ont été retrouvés, ça fais plaisir.
On fait plusieurs passages pour n'oublier aucun poussins, on profite encore d'être à Rat en même temps que le popchat pour lui filer un coup de main, on se fait plaisir en faisant quelques sorties pêche à la rivière Manchot avec encore de jolis spécimens de truite de mer (> 65 cm), et il est déjà temps de rentrer sur base.

A bientôt,
Tom

Ratmanoff - du 16 au 30 mai

Un article imagé de cette sortie à Ratmanaff, où vie de la colonie de Manchots royaux suit son cours : élevage des jeunes, et lutte contre les éléments et les opportunistes...

Nourrissage d'un jeune


Vue sur les montagnes enneigées de la presqu'île Ronarc'h, de l'autre coté du Golfe


Les jeunes de l'année, en duvet marron, se rassemblent en crèches géantes


La cabane guetteur et son indissociable troupeau de manchot


Tête de Skua


Un visiteur du Sud qui devait en avoir marre de se geler sur la banquise : un Pétrel géant antarctique (reconnaissable à la pointe du bec verdâtre)


Un Canard d'Eaton, le micro-pilet local


Un Cracou bien de chez nous, ou Pétrel de Hall (ou encore géant subantarctique),
reconnaissable à sa pointe de bec rougeâtre



Face à la mort...
Aucune faiblesse n'est permise, bienvenu dans le monde réel et sauvage



Maëlle et Nina... Deux noms gentillets derrière lesquels se cachent encore des prédateurs opportunistes, importés cette fois, auxquels les Chionis et Pétrels payent un lourd tribus.



Goéland dominicain en patrouille



Mais à quoi pensent les poussins de Manchot à longueur de journée ? sûrement à rien, tout simplement...



Poussin après le nourrissage.
Heureusement qu'il y a pas beaucoup d'exercice à faire...



"Falaise" de sable sur la plage noire de Rat'



Estacade, sa cabane, ses Manchots papou...



Tête de Manchot papou


A bientôt,
Tom