mercredi 15 juin 2011

Pointes Morne & Suzanne - du 4 au 15 juin

On retourne sur les sites de Suzanne et morne début juin avec au programme le contrôle des bagues de cormoran. Ces sessions de juin riment enfin avec météo pas bien. Les averses de neige se succèdent, le froid est bien la, mais même si les températures ne sont jamais extrêmes (-5°C mini), le ressenti est bien plus bas à cause du vent. Les animaux sont rares, en mammifère, on ne retrouve que quelques éléphants qui s'entassent sur les matelas d'algues à la pointe morne, préférant même se monter les uns sur les autres plutôt que de dormir sur les cailloux. De très rare otaries à Suzanne. Toujours pas vu de léopard de mer qui se font désirer.

Tas d'éléphants...


Niveau piaf, les goélands sont fidèles au poste, les cracous toujours présents, les canards rassemblés par milliers dans le désert de Morne, les sternes toujours en recherche de nourriture sur le bord de l'eau et enfin les cormorans viennent au reposoir chaque soir. Pas encore véritablement des piafs puisque pleins de duvet, les poussins d'Albatros hurleur attendent patiemment leurs parents, sagement, au centre de leur nid qu'ils ne quittent jamais. Ils affrontent sans problème le vent, la pluie, la neige, le froid et le temps qui passe. On peut aussi observer quelques chionis en vadrouille.

Chionis en vadrouille

Au final, c'est la saison calme, parfois le temps semble arrêté, rien ne vole, rien ne crie, rien ne se passe et la seconde d'après on peut voir des dizaines de cracous planant au dessus de la plaine en poussant leurs cris préhistoriques, quelques très rares albatros revenant retrouver leur rejeton après un long voyage en mer pour chercher de quoi le nourrir, des dizaines de cormorans, en flux quasi incessant, qui rentrent au reposoir quelques heures avant que la lumière ne décline.

Reposoir à Cormoran de Ker à Pointe Suzanne

La neige, qui a du mal à s'accumuler à cause du vent, recouvre de blanc presque tout, qu'il s'agisse de la plaine de cotula de Suzanne ou celle d'aceana de Morne. Les papous de Suzanne font dans un premier temps pitié à voir, couché dans la neige et couvert par une congère. Ils donnent l'air d'être frigorifié. Mais en réalité, ils s'en foutent complètement ! Ils pourraient se mettre à l'abri pour dormir, mais non, en plein vent avec de la neige plein la gueule, c'est tellement mieux. Ils ont de sacrés gore-tex de plumes.

Pointe Morne...

... et pointe (un peu moins) Morne sous la neige

Les Papou se prélassant comme sur du sable chaud

On retourne faire cette manip "lecture de bagues" en Aout, les endroits auront encore changés.

Coucher de soleil sur les Monts de Château et le lac gelé

à bientôt,
Tom

lundi 30 mai 2011

Ratmanoff - du 16 au 30 mai

Les globicépahles échoués (au moins 3) auraient été observés au Cap Sandwich (entre Ratmanoff et Marville). C'est de part et d'autres de ce cap qu'un échouage massif de globicéphales a eu lieu il y a un an et demi. Les cadavres en décomposition sont encore nombreux sur la plage, la décomposition est lente à Kerguelen, nous craignons que d'anciens cadavres aient été pris pour des nouveaux. Faute d'en être certains, nous partons le 15.

Cela nous laisse juste le temps de faire une lessive, rassembler le matériel nécessaire adapté à la dissection de grosses bêtes en état de putréfaction probable et régler les formalités administratives kergueleniennes.

Pour chaque Manip, une feuille de manip doit être complétée (lieu, durée, participants, travail a faire), signée par le responsable IPEV (Xavi, gener), Le médecin (JB), le chef sécu (Eric, dit pimpon) et l'adjoint du Disker (José, le chef Infra). Enfin, la feuille est validée par Marc, le Disker, qui y appose sa signature et son tampon. Un exemplaire est conservé par l'IPEV, un pour le BCR (Bureau des Communications Radio) et un pour les cuisines pour que Jean et Nicol, respectivement le cuistot et son second, sachent combien de gens mangent sur base.

Nous partons le matin du 15, Kéké et moi, en compagnie des reznat', David et Olivier, en direction de la cabane du Guetteur, à Ratmanoff, 25 km apres PAF. Encore une fois, la météo fut clémente malgré la prévision de mauvais temps. La météo n'est pas une science exacte, surtout pas a Kerguelen.

C'est le lendemain, le 16, que nous partons, équipés comme il se doit, à la recherche des cadavres avec l'appréhension de ne trouver que d'anciennes dépouilles desséchées du précédent échouage.

Depuis notre dernier passage sur cette plage (1er avril), le sable noir a été balayé sur une bonne hauteur par les marées et les vents laissent apparaitre certaines carcasses de globicéphales encore inconnues. Nos craintes furent avérées à la découverte de vieilles dépouilles parfaitement conservés dans le sable et le froid. Tellement bien conservés, que remis en contact avec l'eau de mer, les cracous et les goélands pouvaient se nourrir de la graisse et du lard réhydraté. Du globicéphales lyophilisés en quelques sortes. Inutile donc de faire des prélèvement.


Nous enchainons donc sur le suivi de la survie des poussins de manchots royaux. La manip consiste à retrouver les quelques poussins marqués parmi les milliers de la colonie. Ce qui parait impossible dit comme ça reste relativement faisable du fait que les poussins ne se déplacent que très peu. On les retrouve donc, à quelques dizaines de mètres près, à l'endroit où on les a marqués le mois précédent. Une bonne proportion des poussins marqués ont été retrouvés, ça fais plaisir.
On fait plusieurs passages pour n'oublier aucun poussins, on profite encore d'être à Rat en même temps que le popchat pour lui filer un coup de main, on se fait plaisir en faisant quelques sorties pêche à la rivière Manchot avec encore de jolis spécimens de truite de mer (> 65 cm), et il est déjà temps de rentrer sur base.

A bientôt,
Tom

Ratmanoff - du 16 au 30 mai

Un article imagé de cette sortie à Ratmanaff, où vie de la colonie de Manchots royaux suit son cours : élevage des jeunes, et lutte contre les éléments et les opportunistes...

Nourrissage d'un jeune


Vue sur les montagnes enneigées de la presqu'île Ronarc'h, de l'autre coté du Golfe


Les jeunes de l'année, en duvet marron, se rassemblent en crèches géantes


La cabane guetteur et son indissociable troupeau de manchot


Tête de Skua


Un visiteur du Sud qui devait en avoir marre de se geler sur la banquise : un Pétrel géant antarctique (reconnaissable à la pointe du bec verdâtre)


Un Canard d'Eaton, le micro-pilet local


Un Cracou bien de chez nous, ou Pétrel de Hall (ou encore géant subantarctique),
reconnaissable à sa pointe de bec rougeâtre



Face à la mort...
Aucune faiblesse n'est permise, bienvenu dans le monde réel et sauvage



Maëlle et Nina... Deux noms gentillets derrière lesquels se cachent encore des prédateurs opportunistes, importés cette fois, auxquels les Chionis et Pétrels payent un lourd tribus.



Goéland dominicain en patrouille



Mais à quoi pensent les poussins de Manchot à longueur de journée ? sûrement à rien, tout simplement...



Poussin après le nourrissage.
Heureusement qu'il y a pas beaucoup d'exercice à faire...



"Falaise" de sable sur la plage noire de Rat'



Estacade, sa cabane, ses Manchots papou...



Tête de Manchot papou


A bientôt,
Tom

vendredi 13 mai 2011

Charlotte/Morne - du 7 au 13 mai

Nous partons à 6 : Popchat, David (reznat), Aubin et Sébastien (infra), Kéké et moi. Direction Morne dans un premier temps, Popchat et moi même filons dans la foulée pour pointe Charlotte.

Le campement de base de pointe Charlotte est simple : une caisse bois (mise en place spécialement pour la manip popchat) pas étanche ni a l'eau ni au vent de 4m² pour manger et ranger le matériel et une tente pour dormir. J'approuve totalement les otaries : sur la cotula, on dort très bien. Heureusement puisque les matelas de sol gonflables sont percés, mais ils isolent quand même un peu du sol, c'est déjà ça.

Le camp de fortune


Christophe, le popchat, étudie la population de chats par capture-marquage-recapture et par observation. Même si le chat est une espèce introduite et que son impact est lourde (notamment sur les oiseaux), le popchat ne tue pas les chats, il les étudie pour comprendre comment fonctionne la population.

On arrive en début d'aprem, ce qui nous permet de mettre en place les cages à chats dans la foulée. A la pointe Charlotte, le milieu est assez simple, un cordon de quelques dizaines de mètres de large le long de la cote qui se finit par un petit talus, puis de l'acenae rase à perte de vue en direction de l'intérieur des terres. Les zones humides et/ou érodés sont assez nombreuses, les lapins ne sont pas hyper nombreux, les planques assez rares, mais pourtant les chats sont bien la.
3 jours passés avec le Popchat avant que Kéké vienne prendre la relève et je file à la pointe Morne avec 2 nouveaux manipeurs : Alain MTO (le nouveau d'OP1) et JB le bib.

Il y a toujours des choses a faire à Morne : darviquage des Albatros hurleurs non reproducteurs, contrôle de la survie de poussins, recherche des derniers GLS sur cracous ou encore le contrôle des darviks de cormorans.

Cormoran de Kerguelen

Individu immature de Pétrel de Hall (ou géant subantarctique) alias Cracou

La capture d'un grand albatros reste toujours un moment unique, on pense au fait que l'oiseau est probablement plus vieux que nous et qu'il a très certainement déjà fait le tour du continent Antarctique, plusieurs fois même peut-être. Lorsqu'il plane au dessus des plaines d'acenae, il impose le respect avec son envergure improbable (2,5 à 3,5 mètres) et sa maitrise du vol plané. Tellement sur de lui, que même posé à terre, alors que son déplacement devient beaucoup plus laborieux, il nous fait face, la tête haute, attendant de savoir ce qu'on lui veut. Si certains poussent quelques cris qu'on pourrait traduire par "allez barre toi de la, con d'humain", la plupart reste muet. Le temps de lire la bague métal, poser la darvik et prendre une grande respiration le visage plongé dans les plumes blanches du dos et on le libère rapidement. Ça sent le frais, le grand large, ça sent l'albatros quoi ! Quelques secondes plus tard, il a déjà repris son activité initiale : sieste, parade... Dérangement minimum, bonheur maximum !

Grand Albatros ou Albatros Hurleur

Le dernier jour, un petit pétrel sombre vient passer juste devant nous. Je ne l'avais jamais vu auparavant mais tous les critères d'identifications connus ont été observés et je reconnais aussitôt le Pétrel de Kerguelen. Les observations de nouvelles espèces se font de plus en plus rares au fur et à mesure que le temps passe.

Transit retour de Morne le vendredi 13 par une nouvelle belle journée ensoleillée. La veille, l'eau des souilles autour de la cabane n'ont pas dégelée de la journée. C'est la première fois que ça arrive depuis que nous sommes à ker. Le matin du départ, le lac de morne est entièrement gelé, inutile de dire que Kéké et Popchat n'ont pas eu chaud dans la tente.

Le Château d'if dans la baie Norvégienne

On profite du beau temps malgré le froid sec et de la marée basse pour visiter la tombe de la pointe Matley , faire quelques photos, observer les Sternes de ker en pêche sur le bord de la Baie Norvégienne, pendant qu'au loin, les hauteurs de Kerguelen de Ronarc'h à Gallieni et des monts du Château au Mont Crozier sont blanches de neige.

Sterne de Kerguelen

La rivière Albatros, gelée

Un Globicéphale échoué a été signalé au dessus de Ratmanoff, on part demain pour le retrouver et l'échantillonner. On enchainera sur une manip sur les poussins de Manchots royaux.

A bientôt,
Tom

lundi 25 avril 2011

Pointe Suzanne - du 20 au 25 avril

Gilles (mécano chaland), Kéké et moi partons sous le soleil. Un peu trop de soleil même, puisqu'avec l'absence de vent (si si, ça arrive parfois) la température monte vite, surtout quand on marche. Le mont Ross cache son sommet dans les nuages tandis que le ciel reste tout bleu au dessus de nos têtes sur Isthme bas. Derrière les Ross, très loin, les nuages sont inhabituels, très sombres, un peu type orage. Il y a en moyenne 1 orage par an à Kerguelen, la plupart du temps imperceptible (Source : Alain MTO 60). On ne pense donc pas à l'orage jusqu’à ce que je vois un éclair éclatant dans ce nuage sombre. Étant le seul a l'avoir vu, nous restons tout de même septique. Quelques longues minutes plus tard, un son vient faire disparaitre nos doutes, c'est le tonnerre qui gronde sur Kerguelen. Je ne pensais pas me retrouver un jour en tee shirt devant un orage à Kerguelen en plein mois d'avril. C'est pas ce que l'on croit le subantarctique. 3 autres coups de tonnerre se font entendre par la suite avant que cette couverture nuageuse devenue grise, lourde et épaisse nous emmène la pluie venant de l'Ouest. On la voit venir, on fait donc une petite pause pour passer du tee shirt à la tenue gore-tex intégrale et pour mettre la couverture de pluie sur les sacs.

Arrivée à la cabane après un peu plus de 4h de transit, en début d’après-midi. Juste a temps pour Gilles qui a connu la joie des crampes aux cuisses sur le dernier kilomètre.
Les Rez'nat, Olivier et David (= les 2 hivernants travaillant pour la réserve naturelle), nous rejoignent dans l’après-midi après avoir passé 2 jours à la Pointe Guite, à l'autre bout de la presqu'ile du Prince de Galles : les 4 ornithos de la 61ème sont enfin réunis en cabane. Au programme : prospection Pétrel gris pour les rez'nat et lecture de bagues des cormorans pour nous.

5 jours sont nécessaires pour obtenir quelques lectures de bagues, changer quelques darviks usées, trouver aucun Pétrel gris et pouvoir enfin passer quelques soirées en cabane avec les gars de la rez'nat. Gilles nous a fait remarqué qu'au moins 80% de nos conversations tournaient autour des oiseaux. Étonnant.

Le site de pointe Suzanne reste toujours aussi splendide, l'océan nous y offre ses plus belles vagues. Le 23, les rouleaux de plus de 3 mètres de haut se succèdent toute la journée, éclatant sur les rochers de la côte à un rythme incroyable. Les cormorans ont du se rendre à l'évidence face à la force des éléments, inutile d'aller pêcher. Les reposoirs sont pleins à craquer et donc les lectures de bagues nombreuses.

La violence des vagues depuis des années a sculpté la côte avec une alternance de grottes, de criques, d'arches et de rochers. On y retrouve de nombreuses pointes s’avançant vers l'océan, c'est la que les cormorans se posent. Ce genre d'endroit leur permet de se reposer sur la terre ferme tout en pouvant s'envoler facilement en se jetant dans le vide. Les colonies de nidification deviennent zones de reposoir en hiver. Chaque colonie/reposoir porte un nom. Le travail consiste à noter les bagues des cormorans présents sur chaque reposoir.

Pour le reste, les Manchots papous sont en mue, quelques centaines de mètres dans les terres, quelques otaries et éléphant trainent toujours dans la cotula. Le soir, on peut entendre furtivement un Pétrel noir dont les rez'nat trouvent quelques terriers par ci par la. Toujours les habituels cracous, rares skuas, nombreux goélands et quelques fuligineux. Le poussin de la pointe est bientôt prêt à s'envoler...

A bientôt,
Tom

mardi 19 avril 2011

Manip écobio

Coincé sur base, me voila obligé de devoir aider pour une manip écobio si je veux sortir de la base. Je prends sur moi, j'assume, et j'accepte. Comme chaque fois avec les écobios, la manip consiste à marcher quelques minutes, faire semblant de travailler 3 secondes et rentrer.
En l'occurrence, Françoise, une écobiote, Pierre, toujours météo et moi sommes partis sur Isthme bas pour relever les pièges à insectes. Ça va, j'ai survécu. Il faisait presque nuit lorsque nous sommes rentrés, non pas parce que la manip était longue, simplement parce que la pause "gouter" allongés dans l'acenae face à la baie norvégienne a duré un peu trop longtemps. Quel rude travail que celui d'écobio !

Pierre a compris le concept d'une manip écobio, tu souris, tu fais semblant et voila ! Françoise reste maitre dans l'art de faire semblant on a vraiment l'impression qu'elle bosse !


Plein de bêtes avec notamment un des papillons aptères [sans ailes quoi] de Kerguelen (les plus gros).


Isthme bas et ces grands lacs en premier plan, la presqu’île Ronarc'h au fond.


Coucher de soleil, les nuages sont toujours originaux ici. On a un espèce mille feuille ce soir la.


Et aujourd'hui, alors que l'ensemble de la gent féminine de la base (les 2 écobiotes), Jean-Yves, chef météo et Yanis, Bibou, partaient pour une promenade à Molloy (les écobios appellent ça une manip...pff) Alain, le 3ème météo et moi même, les avons accompagnés jusqu’à la rivière du sud. Nous avons laissé avec crainte Jean-Yves et Bibou aux mains des compteuses de choux, on espère qu'ils reviendront sains et saufs. Forcément qui dit rivière... je l'explique plus. Ce fut l'occasion pour Alain d'aller découvrir la cabane Jacky et nous sommes revenus sur base avec la nuit après 4 heures de marche dans l'aprem. Le traditionnel apéro à la cantina (le bar de la résidence où logent les météos et le CNES) s'est fait autour d'un carpaccio de truite de mer de la rivière du Sud.
On part donc demain pour Pointe Suzanne avec Gillou, le seul mécano chaland qui n'a pas de chaland à mécaner...

A bientôt
Tom

dimanche 17 avril 2011

Cap Cotter - du 12 au 17 avril

3 jours sur base et hop, on repart pour Cotter...

On chope pierre, un météo arrivé a OP1 qui attendait que de partir. Transit direction Catharactes avec un petit vent de sud-ouest et une alternance d'averses de neige qui nous change du soleil dont on avait l'habitude avec Kéké. Heureusement, on avait le vent, et donc les flocons, dans le dos. Pas de rennes pour cette fois, juste quelques traces. Les transits paraissent bien plus court quand on les a déjà fait. On reconnait les coins, on se voit déjà arrivé avant d'y être.
Arrivés à Catharactes suffisamment tôt pour re-tenter de pêcher cette rivière. Et la, enfin quelques belles truites de mer au pied de la cascade un peu plus haut. On en mange une et je garde les filets d'une autre dans le sac pour se les faire à Cotter.


On file à Cotter le lendemain. Cette fois ci, on longe la côte, pour changer, et parce que ça vaut le coup d’œil. C'est un peu plus long, mais qu'importe la distance si on a le temps. En effet, ça vaut le coup d’œil, on se rend compte qu'il y a encore plus de macas que ce qu'on croyait, les colonies commencent très à l'ouest. La période de mue est bien avancé, les colonies sont a moitié désertes.

Entre Catharactes et Cotter, une légère bruine sous le soleil forme un mini arc en ciel a quelques dizaines mètres de nous comme s'il nous suivait.

Encore une fois pas l'ombre d'une baleine à l'horizon, malgré du temps a scruté la mer, malgré le soit disant golfe des Baleiniers...
On a bien fait d'y retourner, ça nous permis de bien compléter le boulot, ça fait plaisir de faire un travail efficace.


Cap Cotter à marée basse. Les laminaires se retrouvent au sec pour un instant. Nous, on en profite pour ramasser une cuisine de moules et faire des photos. Les éléphants et otaries eux préfèrent se prélasser dans les algues au soleil. Pour avoir partager un moment au coté d'un éléphant, c'est vrai qu'on est pas mal installé dans les laminaires séchés et chauffés par le soleil.


Cotter a par contre dérogé a sa réputation météorologique avec 3 jours de soleil et pas de vent. C'était assez agréable, et forcément, on a été obligé de se forcé a montré le Campbell a Pierre. On est donc remonté en haut à contre cœur ;-) Et la vue y était encore plus formidable, hyper dégagé. On voyait clairement un dôme du glacier Cook, appelé la puce, situé a environ 90 km de nous. Le fidèle nuage lenticulaire qui trône au dessus du glacier était aussi visible. La presqu’ile Joffre se dévoilait comme jamais et on voyait même au delà, mais il reste difficile de pouvoir se repérer sur de telles distances. On se sent tout petit sur cette ile gigantesque. Beau spectacle.

La vie en cabane à Cap Cotter, au menu du jour : Moules à la marinière.

Le boulot étant fini, retour via Catharactes avec une journée d'avance. On est resté cette journée a Catharactes pour contrôler quelques nids de grand albatros de l'anse Betsy et la météo aidant, on a poussé la balade jusqu’à la rivière du nord.


Poussin de grand albatros éclos depuis environ 2 mois. Les parents l'ont déjà abandonné à se débrouiller thermiquement tout seul pour assurer les nourrissages. Si tout se passe bien, il s'envolera en octobre-novembre.

Des que l'on part à l'ouest de Catharactes, on s'enfoncent dans les montagnes, puis on débouchent sur la baie des cascades dans laquelle se jette la rivière du Nord. J'avais vu ce coin de très loin depuis les créneaux. Le site est superbe. La petite cabane de rivière du nord est planté sur une plage de sable fin noir à l'embouchure de la rivière du nord, face la baie des cascades. Évidemment, qui dit rivière, dit pêche. Et on a pu (Kéké s'est mis à la pêche, ça y est !) attrapé encore quelques belles truites à la robe argentées.

La baie des cascades. Au fond a gauche la face ouest des monts du Château, a droite, le mont du toit.

L'embouchure de la rivière du nord se jetant dans la baie des cascades. Quelques éléphants dorment sur la plage de sable noir qui s'étend devant la cabane. Derrière, le mont du toit.

Les créneaux vue depuis la rivière du nord.


La cabane de rivière du Nord

Retour sur base par une matinée de brouillard épais, on se décale de quelques centaines de mètres par rapport au chemin connu, heureusement qu'on avait le GPS, impossible de se repérer dans les terres avec une visibilité de moins de 300 mètres. Fin du transit avec un bon petit vent de sud et de la pluie sur une bonne partie du chemin. La pluie se changent en neige fondu fouettant les visages sur la fin. Enfin, ça tabasse un peu, on arriverait presque a croire qu'on est dans le subantarctique.

2 jours sur base et on repart mercredi pour Pointe Suzanne mais ceci sera une autre histoire...

A bientôt,
Tom