dimanche 9 janvier 2011

Pointe Suzanne – 05 au 09 janvier 2011

Dès le lendemain de notre retour de Sourcils Noirs, nous voila déjà repartis direction Pointe Suzanne.

Les 17 km qui séparent PAF de pointe Suzanne se sont faits sous un soleil radieux et ciel bleu. J’ai fini le transit en tee shirt. En longeant la côte tout du long, le spectacle est permanent : à droite des grands espaces vallonnés couvert d’acenae, à gauche la baie norvégienne au début puis l’océan une fois la pointe Morne dépassée. Kéké et moi, nous arrêtons pour regarder un poussin de pétrel géant, les jeunes éléphants qui simulent des combats, on prélève des plumes sur un caneton d’Eaton, puis sur des cadavres de goéland dominicain, ensuite on observe de loin la colonie de grand albatros de Morne, l’autre côté de la baie, puis ceux qui sont du même côté que nous, les otaries, et puis bah on met 5 heures a faire le transit !!

Après les avoir tant regardés planer autour du Marion et brièvement observés les « vieux poussins » lors de l’escale a Crozet, c’est enfin l’occasion pour moi de pouvoir profiter des Grand Albatros adultes couvant sur les quelques nids que compte la péninsule du Prince de Galles. Ce piaf est énorme, complètement démesuré, immense et tellement magnifique.

Arrivé a la cabane de pointe Suzanne bas (la cabane de pointe Suzanne haut se situe a 1/2h de marche au sud, un peu plus haut) avec un accueil on ne peut plus chaleureux : Eric (chef sécu), Pascal (BCR), Nory et Jenifer (campagnard d’été pour Chizé – éléphants et otaries) attablés dehors au soleil autour d’un verre de ricard et d’une assiette de saucisson sec.

Côté environnement autour de la cabane : l’acenae laisse place à la cotula. Cette plante paraissant grasse et duveteuse fait le bonheur des otaries qui y trouve un matelas confortable pour y élever leur petit, appelé « pup ».

Pointe Suzanne bas, c’est le pays des otaries, « y’en a de partout » dirait notre popchat 61. Et si les animaux sont cool à Ker, se laissent approcher ou attraper, les otaries, elles, sont différentes. Si t’es trop près elle commence par grogner, qu’il s’agisse d’un pup de 5kg, d’une femelle de 25kg ou d’un mâle de 150 kg, mise à part les décibels, ce comportement se retrouve. Par contre, si tu continues de t’approcher, les pups finissent par fuir, mais les adultes eux, ils chargent ! La plupart du temps, c’est du bluff, mais il le joue bien et ne s’arrête qu’à 1 mètre, donc au début on a beau le savoir, on a quand meme du mal à rester zen, après on s’y fait. Et pour les mâles, bah bluff ou pas bluff si un s’avance vers nous on se barre direct. Suffit juste de voir la taille de ses canines, on dirait un gros chien, mais gros gros quand même. Et il est capable de courir super vite, donc on ne joue pas.

La cabane est parfaitement acceptée par les animaux : les manchots papous s’étalent tout autour, à quelques mètres. Les harems d’otaries sont très nombreux, c’est donc l’espèce dominante. Un harem c’est un gros mâle entouré de ses femelles (de 2 à plus de 10, pour ce que j’en ai vu en tout cas) et forcément les pups de ces dernières. Les éléphants flemmardent un peu partout, c’est la période de mue chez cette espèce.
Les pétrels géants, qui nichent quelques centaines de mètres plus haut, viennent souvent se repaitre d’un poussin de Papou ou d’un pup, faible, malade ou mal réveillé. Quelques skuas traînent par ci par la. Les colonies de Cormorans sont nombreuses, elles commencent presque a la cabane et s’étalent sur une bonne partie de la côte sud de la presqu’île du Prince de Galle.
Nous, on est d’ailleurs venus pour eux.

Nory (ornithoker 59) et Jenifer (stagiaire) bossent sur les otaries : suivi de la prise de poids des pups, pose de logger sur quelques femelles. Ils partiront ensuite pour les éléphants de Pointe Morne pour récupérer des balises posées il y a 3 mois et en poser d’autres qui seront a récupérer à partir de Juillet.

On a eu la chance de participer a des récups sur les femelles otaries et au suivi des pups. On a également pu « faire » quelques éléphants pour se mettre en jambes sur la capture et sur la piqure pour le prélèvement de sang.

Du côté de Cormorans, nous avons dénombré toutes les colonies, contrôlé les bagues de reproducteurs et posé des enregistreurs de plongée pour un voyage, les shifts durant environ 12 heures chez cette espèce (ca change des 10 jours des Albatros à Sourcils Noirs). Encore une fois, tout c’est super bien passé.

Il faut ajouter à cela une vue incroyable sur l’océan qui nous offrait un spectacle superbe avec de beaux rouleaux successifs dans lesquels jouent les otaries. Les trains de cormorans qui partent et reviennent, inlassablement. Un coup de jumelles et on voit que les prions sont souvent présents au large, quelques pétrels à menton blanc aussi. Puis des observations plus opportunistes avec 1 océanite sp. (wilson probable, nombreuses à cette saison) vu par la fenêtre pendant un repas et un Albatros a Sourcil noir, vu au loin. On a beau les avoir tripoté pendant 15 jours, je m’émerveille toujours autant de les voir en mer, peut être même plus encore maintenant…

Autre belle observation, et je remercie Nory et Jenifer de nous l’avoir montré, c’est un mâle d’otarie d’Amsterdam qui était sur la plage a quelques centaines de mètres de la cabane. Bien reconnaissable avec sa houppette à la tintin, son pelage bicolore et sa voix terriblement grave.

Cette courte manip de 4 jours s’est terminée par un barbecue à la cabane de Suzanne Haut ou était présent toute la log IPEV et l’infra (tous les corps de métier du bâtiment chargé de l’entretien de la base), soit une bonne vingtaine de personnes venus en tracteur. Retour en tracteur, en 2 mots : long et chiant. Plus développé : assis sur une grosse caisse bois dans la remorque, poussière dans les yeux, averses de neige successive et vent froid au programme, j’ai connu mieux.

Arrivée sur PAF vers 18h30, une douche, repas, un Get 27 à Totoch et départ pour Mayès le lendemain matin à 6 h 30… C’est le rythme campagne d’été. Mais c’est cà qu’est bon !

Tom

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